La santé

Pour les habitants du Zhongguo, la vie est le plus souvent dure et dangereuse. Maladies, guerres et famines sont le lot quotidien du peuple qui ne peut que subir en attendant des jours meilleurs, qui tardent à venir…

Espérance de vie et mortalité

La mortalité infantile est particulièrement fréquente, et elle frappe principalement durant la première année. Les bébés ne sont en général sevrés qu’après trois ans afin d’être plus robustes et d’avoir de meilleures chances de survie. Mais hélas, près de la moitié d’entre eux n’atteindra pas la majorité…
Pour ceux qui parviennent à l’âge adulte, l’espérance de vie moyenne peut aller jusqu’à cinquante ans. Les femmes courent encore bien des risques en raison de leurs multiples maternités, mais elles vivent habituellement plus longtemps que les hommes et les veuves sont ainsi plus fréquentes que les veufs.
Le soixantième anniversaire est toujours l’occasion de fêtes et réjouissances, car le vénérable a accompli un cycle entier du calendrier, ce qui est un présage plus que faste pour sa famille et ses descendants.

Maladies et épidémies

Il existe toutes sortes de maladies dans les Royaumes.
En hiver, les infections pulmonaires sont habituelles et peuvent s’avérer très vite mortelles sans soins appropriés. Un coup de froid peut rapidement dégénérer en pneumonie si rien n’est fait pour soigner le malade.
En été, ce sont surtout des infections gastriques qui touchent la population, entraînant un rapide déclin des forces et une importante déshydratation, ce qui ne pardonne pas durant une canicule.
Ces deux saisons sont les plus mortelles, la mort frappant impitoyablement les plus faibles et les moins protégés.
Tuberculose et variole sont également fréquentes, et leur contagion peut rapidement déclencher de violentes épidémies, s’étendant sur de vastes territoires avant de perdre de leur virulence.
La lèpre, plus qu’une maladie, est considérée comme une malédiction et les lépreux sont impitoyablement chassés des villes et villages, allant mourir seuls loin de la civilisation.
Au Royaume du Chu, dans les régions chaudes et marécageuses au sud du Fleuve bleu, la malaria peut frapper les infortunés habitants de ces contrées inhospitalières.
Ces diverses maladies sont divisées en maladies Yin et maladies Yang. Les maladies Yin sont ainsi dites «froides», comme par exemple les rhumatismes ; tandis que les maladies Yang sont « chaudes » et ont souvent pour symptômes d’importantes poussées de fièvre.
Enfin, les médecins classent les maladies en trois catégories :

• Les maladies externes sont liées aux influences extérieures, comme le climat ou la pollution.
• La deuxième catégorie regroupe les troubles créés par l’ingestion des aliments et boissons.
• Et la dernière catégorie est celle des maladies provoquées par l’esprit et qui n’ont d’autres causes que l’état psychologique du patient.

Médecine et soins

L’art médical est une science qui se propose de prévenir les maladies, afin d’éviter leur apparition, avant de les guérir. La médecine se base ainsi sur l’harmonie du corps avec l’univers, les maladies étant vues avant tout comme des conséquences de la rupture de cette osmose.
Un corps, reproduction du macrocosme universel, est ainsi constitué de cinq organes régissant le processus vital (cœur, foie, poumons, rate et reins) correspondant aux cinq éléments taoïstes, et de six viscères ayant pour rôle l’assimilation et la transformation des aliments (estomac, intestin, côlon, triple réchauffeur, vésicule biliaire et vessie). Ces cinq organes et six viscères fonctionnent en interaction harmonieuse non seulement entre eux mais également avec le sang et le souffle chi. Lorsqu’un déséquilibre brise cette harmonie, qu’un organe ou une viscère fonctionnent mal, que le sang ne circule plus comme il le devrait, alors les troubles surviennent et doivent rapidement être soignés.
Tout l’art du médecin compétent consiste en une surveillance de l’état de ses patients, afin de repérer les déséquilibres avant même qu’ils ne surviennent par observation et anticipation. Un praticien sait en effet quelles maladies sont susceptibles de frapper en fonction de la saison, du temps, de l’état général du patient de son passe médical, etc. Mais malgré cette constante veille, il peut toujours arriver que la santé d’un patient dégénère et qu’il faille le soigner rapidement.
Pour établir un diagnostic, le médecin se base sur de nombreuses observations : prise du pouls, évaluation de la fièvre, palpation à des endroits divers du corps, examen des yeux, du teint de la peau, de la langue ou de l’haleine, etc. Diverses questions sur les habitudes alimentaires du patient, les incidents récents ou son état d’esprit permettent au médecin de déterminer par quel type de déséquilibre est atteinte la personne qu’il examine.
Afin de guérir son patient le médecin a plusieurs options.
Il peut prescrire une médication adaptée et apte à rétablir l’harmonie du corps malade. Ces médicaments, basés sur diverses plantes ou composés minéraux, peuvent exister sous forme de pilules, potions, infusions ou cataplasmes. Évidemment, le patient doit se reposer et le médecin vient régulièrement contrôler son état afin d’adapter les doses de médication à l’évolution du mal.
Les massages et la chiropractie sont également courants, permettant de traiter rhumatismes, fractures, luxations et même parfois certaines infections pulmonaires ou bronchiques. Par d’habiles pressions sur divers points vitaux du corps, le médecin tente de rétablir l’équilibre interne et de refaire circuler le souffle vital de la bonne façon en le guidant par de vigoureuses palpations.
Enfin, l’acupuncture repose sur le traitement de la circulation du chi dans le corps. Avec des aiguilles de métal chauffées, le médecin pique divers points vitaux pour rétablir ou réguler les flux d’énergie. L’acupuncture permet surtout de soigner les maux chroniques, par de nombreuses séances de traitement

Médecins et pharmaciens

Les médecins sont des érudits formés à la compréhension des rythmes et harmonies du corps, à la connaissance des maladies et déséquilibres et à la meilleure façon de les combattre.
Pour la grande majorité d’entre eux, la formation se fait en apprentissage auprès de médecins déjà établis, qui leur transmettent leur savoir et dont ils héritent bien souvent de la clientèle. Cet apprentissage est majoritairement familial et le cabinet se transmet ainsi de père en fils ou d’oncle à neveu.
Depuis plusieurs décennies pourtant, les universités proposent des cursus de médecine, auprès d’éminents professeurs et spécialistes reconnus. L’Académie Jixia de Linzi est ainsi réputée pour sa section santé, formant parmi les meilleurs médecins des sept Royaumes et attirant ainsi de nombreux étudiants.
Il existe une abondante littérature médicale, dont l’ouvrage le plus fameux, celui que tout médecin digne de ce nom se doit de connaître par cœur, est le « Classique interne de l’Empereur jaune ». D’autres livres, bien que moins connus, sont tout aussi étudiés par les apprentis médecins, et divers écrits sont produis chaque année par des médecins ou des professeurs souhaitant marquer de leur empreinte l’histoire de la médecine.

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Lorsqu’un médecin décide de s’installer, après que son maître ou son université lui ait délivré le diplôme indispensable à l’exercice de sa charge, il achète le plus souvent un cabine en ville, ou du moins dans un bourg suffisamment peuplé pour s’assurer une clientèle nombreuse. Le médecin peut aussi bien recevoir ses patients qu’être appelé à leur domicile et le bon praticien est celui qui passe régulièrement voir ses ouailles afin de préserver leur santé au lieu de se contenter d’intervenir lorsque frappe la maladie. Ainsi, on mesure la valeur d’un médecin à sa capacité à maintenir en bonne santé la population dont il a la charge, tandis qu’un médecin dont les patients malades se multiplient acquiert bien vite une mauvaise réputation. De fait, les médecins tiennent tous des dossiers sur leurs patients, y consignant leur historique médical, les diverses maladies les ayant frappés, des renseignements sur leur caractère, les soins qui marchent le mieux sur eux, etc. Ces dossiers permettent d’émettre des diagnostics plus sûrs et plus rapides, limitent les erreurs médicales et font sentir aux patients que leur santé est une préoccupation majeure du praticien.
Il existe également des médecins itinérants, hommes dévoués envers les autres, qui parcourent les petits villages reculés afin d’apporter soins et réconfort où aucun autre praticien n’exerce. Il s’agit d’un mode de vie difficile et dangereux mais certains pratiquent la médecine non pour la gloire, l’argent ou la position sociale mais bel et bien par vocation et altruisme. Ce genre de praticien itinérant parcourt les campagnes, s’arrêtant dans un village le temps d’examiner et de soigner tous ses habitants avant de reprendre la route. Les villageois, même les plus pauvres, sont toujours prêts à offrir gîte et couvert à un médecin itinérant, ou à le payer de quelques piécettes.
Cette vie de vagabond ne va pas sans présenter de nombreux risques. Sillonnant de vastes étendues souvent désertes avec une charrette contenant leurs instruments et pharmacopée, les médecins errants peuvent devenir la proie de bêtes sauvages, de bandits ou même d’autres créatures plus sombres. Nombreux sont ceux qui pratiquent ainsi les arts martiaux ou se font accompagner d’un da xia à l’éthique élevée afin de pouvoir se défendre contre les multiples dangers du Zhongguo.

Bien que les médecins soient habilités à fabriquer eux-mêmes les médicaments qu’ils prescrivent, il existe de nombreux boutiquiers, apothicaires, herboristes et pharmaciens dûment diplômés qui vendent ingrédients et médicaments. Si un médecin et un pharmacien s’entendent à partager la tâche, le praticien délivre une ordonnance à son patient, que celui-ci ira porter chez le pharmacien associé pour obtenir les médicaments prescrits. Ce genre de collaboration est souvent familiale, le pharmacien pouvant être le frère ou un cousin du médecin.
Bien que certaines universités forment également au métier de pharmacien, il n’existe guère de réglementation sur le sujet et presque n’importe qui peut ouvrir une telle boutique… Ce type d’échoppe médicale possède en arrière-boutique une pièce faisant office de laboratoire, meublée d’un vaste plan de travail, de nombreux instruments (bols, marmites, couteaux, broyeurs, etc.) et d’étagères supportant d’innombrables bocaux contenant plantes, poudres, minéraux divers et médicaments tous prêts.
Les divers éléments de la pharmacopée sont décrits dans de nombreux ouvrages médicaux et herbiers, exposant en détail les vertus curatives, préventives ou empoisonnantes des plantes, animaux et minéraux. Tout pharmacien digne de ce nom en possédera plusieurs, classés dans son laboratoire afin de les avoir à portée de main.
Dans les campagnes et villages reculés, là où aucun médecin ou pharmacien ne souhaite s’exiler, le rôle de guérisseur et d’herboriste est tenu par un rebouteux, possédant quelques connaissances, souvent empiriques, en la matière. Ce rôle se transmet au sein de certaines lignées, et s’accompagne fréquemment d’une charge de chaman ou d’intermédiaire avec les esprits, la limite devenant alors floue entre science et croyance, médecine et magie.

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