Le travail

Bien qu’une grande majorité des habitants des Royaumes combattants travaillent la terre, il existe d’innombrables autres activités à exercer pour qui souhaite gagner honnêtement sa vie.

L’agriculture

Dans les diverses provinces du Zhongguo, la place accordée aux champs est particulièrement importante : l’agriculture est primordiale dans l’économie des Royaumes, car elle permet d’assurer la subsistance de tous leurs habitants et donne une mesure bien réelle de leur puissance.
De nombreux paysans sont propriétaires des terres qu’ils cultivent et leur production agricole leur permet de vivre et de payer leurs impôts, presque toujours en nature. C’est un mode de vie dur, exigeant un travail constant de l’aube au crépuscule, uniquement interrompu par le déjeuner qu’apportent les femmes en milieu de journée. Les semailles effectuées au printemps sont entretenues et irriguées pendant l’été et récoltées dès l’automne. L’hiver est la morte-saison agricole, durant laquelle les paysans vont vendre leurs surplus ou constituent leurs réserves. D’autres occupations annexes permettent de varier les sources de revenus : élevage, apiculture, entretien de vergers et potagers, petit artisanat, etc.
Il existe également des propriétaires terriens, possédant de vastes champs sur lesquels ils installent métayers et ouvriers agricoles, salariés chargés de travailler la terre pour eux. Bien que cette vie soit moins sujette aux aléas du climat et des récoltes que celle de paysan-propriétaire, l’objectif pour la majorité des travailleurs agricoles est d’acquérir un jour leurs propres terres.
Le travail de la terre est une activité particulièrement estimée et les Royaumes mettent en œuvre de nombreuses mesures afin d’en améliorer les performances.
Durant plusieurs siècles, de nombreux grands travaux ont permis la création d’un réseau d’irrigation particulièrement efficace pour lutter contre les sécheresses estivales.
D’importants travaux de déboisement et d’assèchement permettent également d’étendre considérablement la surface cultivable et de produire ainsi suffisamment pour nourrir une population en constante augmentation malgré les guerres toujours plus nombreuses, toujours plus meurtrières.
Les fonderies de fer produisent en continu d’importantes quantités de socs de charrue et de houes, permettant aux paysans de ne jamais manquer des outils nécessaires à leur travail quotidien. D’autres outils de métal sont également produits sans relâche afin d’aider aux travaux d’irrigation et de déboisement, assurant un développement permanent de l’agriculture et un renforcement conséquent des Royaumes menant une politique efficace en ce sens.
Des fonctionnaires et érudits ont par le passé écrit divers ouvrages agronomiques dont les recommandations sont scrupuleusement appliquées dès lors que leur efficacité a été éprouvée : utilisation d’engrais variés et de pesticides, culture alternée, mise en jachère, etc.

Les mines

Travail de forçat particulièrement ingrat et dangereux, le métier de mineur est généralement réservé aux bagnards, mais certains paysans ou artisans ruinés espèrent encore trouver fortune ou faire carrière dans cette activité ô combien risquée.
Le sol du Zhongguo est riche en minerais en tout genre : or, argent, jade, charbon, cinabre, étain, cuivre, fer abondent et de nombreux territoires sont constellés de mines, de carrières à ciel ouvert et de veines à exploiter. Bien souvent propriétés des Royaumes, ces gisements sont alors administrés par des négociants se mettant au service de l’État pour une gestion des plus efficaces des richesses naturelles du sol. Sur les chantiers, d’innombrables mineurs vont et viennent dans les galeries, extrayant le minerai et l’emportant à l’extérieur dans des paniers en osier, sous l’œil vigilant des contremaîtres. Les accidents sont fréquent : éboulements, effondrements de galerie, asphyxie prennent chaque jour des dizaines de vie.
Dans de nombreux villages, il existe des mines clandestines, non déclarées à l’État. Les villageois les exploitent en secret, parfois pour leur compte mais le plus souvent pour celui des chefs de clans dirigeant la région. Ces exploitations sont cachées aux autorités locales, ou de substantiels pots-de-vin leur sont versés afin qu’elles ferment les yeux.

Les fonderies

Le minerai extrait du sol, et spécialement le fer et les métaux, est ensuite acheminé vers les fonderies pour y être travaillé et transformé en outils ou armes.
Les fonderies sont d’immenses complexes industriels emplis de chaudrons, de moules et de rigoles dans lesquelles s’écoule le métal en fusion, résonnant du fracas des marteaux battant le fer, des cris des contremaîtres et du sifflement de l’acier que l’on trempe dans l’eau, et employant des ingénieurs métallurgistes, de nombreux artisans et chaudronniers, ainsi que d’innombrables ouvriers. Gérées par l’État, elles produisent d’immenses quantités d’outils agricoles, d’armes et d’équipements divers assurant le bon fonctionnement du Royaume à niveaux divers (agriculture, armée, grands travaux, etc.).
Les conditions de travail en ces lieux sont particulièrement difficiles : la chaleur, le bruit, les cadences à tenir, les risques divers ne sont hélas guère compensés par une paie le plus souvent minime. Les ouvriers employés en fonderies sont généralement des gens ayant besoin de se faire oublier, criminels recherchés ou fonctionnaires en disgrâce. Les candidats à un tel emploi n’étant pas légion, les contremaîtres ne posent aucune question aux personnes qu’ils embauchent, l’essentiel étant qu’il y ait suffisamment de travailleurs pour faire tourner les fours à plein rendement.

Les chantiers

L’homme motivé et prêt à travailler dur est assuré de trouver un emploi presque partout dans les Royaumes combattants.
Les nombreux chantiers publics sont toujours à la recherche de main-d’œuvre fraîche, que ce soit pour la construction d’un canal, dans les arsenaux côtiers, sur le site de construction d’un palais ou d’un temple, etc. Ces chantiers embauchent de nombreux travailleurs pour des durées variables, qui peuvent aller de quelques jours à plusieurs mois. Dans le cas d’ouvrages de longue durée, des baraquements sommaires sont construits pour héberger les employés.
Bien que la paie soit modeste voire misérable pour ces ouvriers itinérants, il existe une certaine solidarité entre eux, un esprit de corps qui permet aux vagabonds de se sentir appartenir à un groupe, même si ce n’est que pour quelques jours. Les chantiers sont ainsi des lieux de rencontre, permettant d’entendre des nouvelles issues des sept Royaumes entiers et de côtoyer des gens venus de tous horizons.

L’artisanat

Charpentiers, forgerons, menuisiers, tisserands, maçons, porteurs d’eau, potiers… Les artisans sont partout dans les sept Royaumes, apportant leur savoir-faire indispensable à tous les niveaux de la société.
De l’artisan ambulant qui chemine de chantier en chantier en transportant ses outils dans une carriole au propriétaire d’un vaste atelier employant de nombreux ouvriers et apprentis, ces travailleurs œuvrent partout où leur talent est nécessaire, employés aussi bien par des particuliers que par l’État lors de grands travaux et d’importants chantiers.
Organisés en guildes locales (bien souvent limitées au cadre d’une ville ou d’un district), les artisans se regroupent par corps de métier. Servant d’autorité régissant les lois de la profession, réglant les conflits entre ateliers et assurent une entraide pécuniaire minimale, ces guildes permettent aux artisans d’exercer une influence réelle auprès des fonctionnaires régionaux, afin de faire baisser les taxes ou d’obtenir certains marchés. Pots-de-vin et services divers permettent généralement de s’assurer la coopération de gouverneurs et magistrats, qui savent avoir tout intérêt à œuvrer avec ces corporations plutôt que contre elles…
Entrer en apprentissage auprès d’un artisan reconnu est le meilleur moyen de se former à son métier. Le patron loge et nourrit son apprenti, qui en échange travaille dans son atelier et sert sa famille. Une période d’apprentissage dure en général trois ans, au bout desquels l’apprenti peut s’émanciper et s’installer à son compte.

Le commerce

Du colporteur arpentant villages et campagnes pour écouler ses bibelots au riche négociant travaillant avec les plus hautes sphères des Royaumes, les marchands sont partout profession en plein essor depuis plusieurs décennies et constituent bien souvent une élite financière dont sont issus de plus en plus de fonctionnaires et de lettrés.
Organisés en guildes à la façon des artisans, les marchands font valoir leurs intérêts de la même manière, exerçant un lobbying sur les tenants du pouvoir pour favoriser leur activité. La richesse des plus fortunés leur permet même d’acheter gouverneurs et conseillers, quand ces derniers ne sont tout simplement pas des membres de la famille ayant accédé à de hauts postes après avoir suivi de fort coûteuses études…
La grande majorité des marchands voyage beaucoup, que ce soit pour aller vendre diverses marchandises, s’en procurer ou tout simplement nouer des contacts commerciaux. Profitant des routes et voies fluviales, les marchands qui se risquent ainsi sur les chemins ne sont pas à l’abri de se faire détrousser par les nombreux brigands qui n’attendent que de telles occasions. Les commerçants avisés louent des gardes du corps ou font appel à des sociétés d’escorte pour protéger leurs biens et leur vie.
Dans les villes, l’animation incessante est due pour une grande part aux marchands, dont les échoppes égaient les rues et les marchés, offrant aux yeux des badauds le spectacle d’innombrables marchandises à vendre pour qui sait y mettre le prix. Dans les campagnes, les diverses foires font se déplacer une abondante population qui ne demande qu’à dépenser quelques pièces dans les nombreux articles que lui proposent commerçants et camelots qui tiennent comptoir en ces occasions.

Unités de mesure dans la Chine antique

Il s’agit des unités de mesure utilisées par le Qin et qui seront étendues à tout l’Empire après l’unification. Dans un souci de simplicité et de confort ludique, nous nous limiterons à ces unités de mesure, bien que chaque Royaume, voire parfois même chaque région, ait les siennes propres.

Longueurs
1 chi (pied) = 32 centimètres
1 cun (pouce) = 3,2 centimètres
1 zhang (toise) = 3,2 mètres
1 bu = 1/2 toise (1,6 mètre)
1 li = 576 mètres
1 lieue = 5,76 kilomètres

Volumes
1 sheng = 1 litre
1 dou (boisseau) = 10 litres
1 dan = 100 litres

Poids
1 liang (once) = 38 grammes
1 jin (livre) = 597 grammes
1 dan = 72 kilogrammes

Surfaces
Utilisation du bu carré et du chi carré
1 mu = 60 zhang carrés (un quinzième d’hectare)
1 qing = 100 mu (6,15 hectares)

Le travail

Les amis de Mei Lin ryohkoh