Les loisirs

Bien que la vie soit dure et dangereuse dans le Zhongguo, nombreuses sont les occasions de se divertir et le jeu occupe une place primordiale tandis que diverses festivités parsèment l’année.

Les jeux nobles

Pratiqués en majorité par les lettrés, les échecs xianqi ou le go sont des jeux de stratégie demandant de la part de leurs pratiquants réflexion et sens de l’anticipation.
Le go se joue sur un plateau traversé horizontalement et verticalement par dix-neuf lignes formant ainsi trois cent soixante et une intersections. Le but du jeu est de créer des territoires en posant des pierres – noires ou blanches – sur ces intersections et de prendre les territoires de son adversaire. Ainsi l’objectif n’est pas de tuer l’opposant mais de construire l’espace le plus vaste possible pour y faire vivre ses pierres. Pour les érudits, une partie de go est une reproduction de la création de l’univers issu du Tao. Le go est ainsi considéré comme le jeu des dieux, celui que l’Empereur de Jade pratique avec ses Ministres à la Cour céleste.
Les grands joueurs de go sont particulièrement estimés et certains vivent de leur talent, se faisant inviter dans les diverses cours royales, apprenant les règles du jeu aux puissants et participant à des tournois récompensés.
Paradoxalement, le go est également très populaire parmi le peuple. La simplicité des règles de base et du matériel en font le jeu idéal pour les membres des couches modestes, qui s’y adonnent durant leur pause déjeuner ou le soir à l’auberge locale.
Les échecs xianqi sont basés sur une forme plus belliqueuse de la stratégie. Le but ici est de prendre le roi adverse. L’échiquier est divisé en deux camps et traversé en son milieu par une rivière. Dans chaque camp, il y a un château dans lequel se trouvent le roi et ses ordonnances. A l’aide de leurs diverses pièces aux mouvements spécifiques (ministres, chars, soldats ou cavaliers), les joueurs doivent défaire l’armée adverse et capturer son roi. Le jeu oblige à tenir compte du terrain et des capacités des pièces en jeu pour progresser et vaincre l’adversaire – ainsi par exemple, certaines pièces ne peuvent traverser la rivière et ne servent dès lors qu’à la défense de son camp.
Le jeu d’échecs est particulièrement prisé par les militaires, qui y voient un moyen d’affiner leur esprit tactique et de perfectionner leur sens de la stratégie.
Tant sur le go que sur les échecs, divers traités ont été écrits, en présentant les règles, les subtilités et les stratégies les plus avancées. De nombreuses légendes courent également sur de mythiques joueurs devenus immortels après avoir battu les dieux au go ou aux échecs.

Jeux de hasard et d’argent

Plus répandus au sein de la population, les jeux de hasard permettent aux travailleurs harassés de se détendre sans trop réfléchir, après une dure journée de labeur.
Les jeux de dés sont pratiqués avec des dés en bois ou en os, sur les faces desquels peuvent être gravés des chiffres ou peintes de simples couleurs. On peut parier sur le résultat ou sur la couleur qui sortira, ou encore essayer d’obtenir certaines combinaisons.
Les osselets, les dominos ou le jeu des plaquettes, ainsi que de nombreux jeux d’adresse, sont les amusements du genre les plus courants. On s’y adonne à toute heure quand le travail le permet, sur les marchés ou durant les fêtes, à l’auberge ou sur la place du village.
Les problèmes commencent dès lors que l’argent est impliqué dans ces jeux. Certains sont gagnés par une fièvre véritable du jeu et ne s’arrêtent que lorsqu’ils ont tout perdu. Plus d’un ouvrier ou paysan s’est ainsi retrouvé ruiné, perdant jusqu’à ses vêtements et devant vendre sa femme ou sa fille à une maison de passe pour s’acquitter de ses dettes !
Des maisons de jeu illégales fleurissent dam la plupart des grandes villes, généralement dans les quartiers de plaisir, parfois à l’intérieur même des bordels. Elles sont tenues par une pègre particulièrement consciencieuse quant au recouvrement des sommes perdues par les clients…

Les jouets

L’enfance est le seul âge durant lequel filles et garçons peuvent jouer en toute insouciance. De nombreux jouets, des plus frustes aux plus élaborés, permettent toutes sortes de jeux.
Pour les garçonnets, toupies et ballons sont les jouets les plus courants, et les parents tendent à faire pratiquer à leurs fils des activités physiques afin de les rendre robustes et forts. Jouer à la guerre avec des armes factices ou en utilisant des figurines de soldats en bois ou en terre cuite a également la faveur des enfants, qui se voient déjà en grands généraux ou valeureux héros de leur Royaume.
Les filles s’amusent habituellement avec des poupées, de la grossière figurine en chiffon à la délicate marionnette de bois habillée de beau tissu. Elles se familiarisent ainsi avec leur futur rôle de mères. Peu d’activités physiques leur sont offertes, à l’exception du saut à la corde ou d’une forme taoïste de la marelle.

Fêtes et festival

Le peuple attend toujours avec une grande impatience les fêtes qui rythment le calendrier, occasions rares de réjouissances en tous genres.
La plus importante de ces fêtes est le Nouvel An, que l’on célèbre du premier au quinzième jour du premier mois. C’est la fête du renouveau, le retour du printemps et les gens se réunissent en famille et s’offrent divers cadeaux à cette occasion. La maison familiale est nettoyée de fond en comble et toutes les affaires en cours sont réglées.
La nuit précédant le premier jour de la nouvelle année, toute la famille s’enferme et joue à divers jeux jusqu’au petit matin. Dès le lever du soleil, la porte est ouverte en grand afin que les souffles fastes du Nouvel An entrent dans la demeure et bénissent ses occupants. Des défilés et spectacles de rue sont organisés un peu partout afin d’apporter gaieté et insouciance pour la nouvelle année. Des offrandes sont faites aux dieux afin d’attirer leur bénédiction, et même les Rois font des sacrifices en l’honneur du renouveau et des divinités.
La fête de la lumière pure se déroule deux semaines après l’équinoxe de printemps. Elle est l’occasion pour toute la famille de rendre hommage aux ancêtres, en allant entretenir leurs tombes et en faisant des offrandes aux parents décédés. Ce rituel permet de montrer publiquement que même la mort n’est pas un frein à l’unité familiale.
La fête du double-cinq se déroule durant le cinquième jour du cinquième mois. C’est la fête du solstice d’été et de nombreuses offrandes sont faites aux Cinq Venins afin qu’ils protègent le peuple des épidémies estivales. Les dragons sont également à l’honneur, et il leur est demandé d’arroser la Terre d’une pluie bienfaitrice afin d’éviter la sécheresse. C’est d’ailleurs à cette occasion qu’ont lieu les courses de bateaux-dragons sur les fleuves et canaux des Royaumes.
La fête des Morts a lieu le quinzième jour du septième mois. Durant cette période, les portes des Enfers sont ouvertes et les ancêtres sans descendance reviennent chez les vivants, au risque de devenir de malveillants fantômes. Pour les apaiser, de nombreuses offrandes leur sont faites, sous forme d’objets, d’argent ou encore de distractions diverses (occasion de donner de nombreux spectacles dont les vivants profitent aussi). Les taoïstes officient et pratiquent divers rituels afin d’obliger ces revenants à se repentir sous peine de retourner aux Enfers.
La fête de l’automne, particulièrement populaire dans les campagnes, intervient durant la pleine lune du huitième mois. C’est la fête de la moisson et de la lune, de l’équinoxe d’automne et de l’immortalité, une occasion de se réjouir pour marquer la fin de l’année agricole et le début de la morte-saison. On y donne de grands banquets permettant de se régaler des produits de la terre et de rendre ainsi hommage à la nature.
Il existe un grand nombre d’autres fêtes de tradition locale, selon les Royaumes ou même selon les régions. Données en l’honneur d’un héros du pays, d’une divinité régionale ou d’un événement du folklore, elles ne sont observées que dans leur contrée d’origine.
Toutes ces fêtes donnent lieu à de grandes réjouissances. Les gens y sont plus joyeux, des jours fériés permettent de se reposer et de profiter des spectacles et banquets qui parfois se poursuivent jusque très tard dans la nuit. Les villes se parent de décorations chatoyantes, les échoppes mettent en évidence leurs plus beaux articles et les rues bruissent des rires d’un peuple qui profite de la moindre occasion pour oublier les tracas du monde.

Les loisirs

Les amis de Mei Lin ryohkoh