Petit précis d'étiquette

Dans les cours du Zhongguo, celui qui désire s’élever et se voir honoré par les gens de pouvoir se doit de connaître les règles qui régissent la haute société. Se présenter, prendre la parole, s’adresser à un Roi : tous ces rituels sociaux obéissent à certains codes bien précis qui, s’ils sont respectés, assurent à celui qui les maîtrise d’avoir l’oreille des puissants.
S’adresser aux gens par leur titre est une règle de base. Se voir nommé à une fonction au nom spécifique étant un honneur pour un fonctionnaire, le désigner par son rôle est un signe de politesse montrant que l’on sait à qui l’on parle et que l’on reconnaît son statut. S’adresser à une personne au rôle sans importance en employant un titre généraliste ronflant peut également être une façon de bien se faire voir et de flatter (par exemple, parler à un simple fonctionnaire ministériel en l’appelant Conseiller). Dans le doute, et si l’on n’est pas certain du titre de celui à qui l’on parle, on se contentera de le gratifier d’un simple « Votre Excellence », passe-partout mais toujours correct. À l’inverse, se contenter d’appeler « Monsieur » un personnage dont on sait qu’il occupe un poste important peut être pris comme une insulte, même si l’on occupe une position hiérarchique plus élevée.
S’adresser au Roi ne peut se faire sans son invitation. Et même dans un tel cas, il est interdit de lui parler directement : on s’emploiera à le nommer « Sa Majesté » et à parler de soi-même à la troisième personne en employant son propre titre (par exemple : « Le haut-conseiller aux affaires militaires souhaite remettre à Sa Majesté un rapport sur l’état de nos troupes à la frontière. »). Le Roi peut inviter à son gré un interlocuteur à s’adresser à lui directement ; il sera alors possible de l’appeler « Votre Majesté » et d’employer la première personne en lui parlant. Le Roi réserve ce genre d’honneur à ses ministres ou à ses proches.
Prendre la parole à la cour pour prononcer un discours, défendre une opinion ou faire un rapport est également un art délicat. Dans le Zhongguo, il est de coutume de dire que l’on peut tout dire pourvu que cela soit bien dit. Les Rois et personnages importants en particulier sont friands d’histoire et de métaphores y faisant appel. Ainsi, celui qui souhaite être entendu aura à cœur d’émailler ses propos de références à des personnages et des situations historiquement connues. De cette façon, il est même possible d’adresser des reproches à un souverain, tant que cela se fait sans le désigner nommément mais en utilisant une anecdote historique rappelant la situation actuelle pour attirer son attention sur une erreur qu’il aurait commise ou serait sur le point de commettre. Chacun saura alors ce que le discours sous-entendait mais puisque aucun reproche direct n’aura été fait, l’orateur ne pourra être inquiété et sera même souvent récompensé pour ses conseils avisés s’il a su bien les tourner. Cela explique pourquoi les fonctionnaires sont dans leur immense majorité des lettrés, férus d’histoire et de philosophie antique, car les connaissances leur permettent de tenir des propos pertinents sans blesser l’honneur de leurs supérieurs.

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