Voyager

Vaste est le territoire du Zhongguo et sur ses routes, on peut croiser au hasard des voyages des commerçants faisant escorter leurs marchandises par de fiers guerriers, des patrouilles de soldats décourageant les brigands, des pèlerins se rendant à l’un des Pics sacrés ou encore de simples promeneurs visitant diverses régions.

Routes et rivières

Les sept Royaumes sont veinés de nombreuses routes, reliant les villes les unes aux autres et théâtres d’une intense animation.
Généralement bien entretenues, les plus importantes de ces voies sont en terre battue, suffisamment larges pour laisser passer deux attelages côte à côte et bordées d’arbres permettant de jeter un peu d’ombre lors des étés caniculaires.
Les rivières, canaux ou précipices sont enjambés par des ponts voûtés, construits en pierre et en bois et parfois suspendus par des cordes ou des chaînes en montagne.
Intense est l’animation de ces routes, tant voyager même sur de courtes distances semble naturel au peuple : les paysans vont vendre leur récolte au marché du bourg local, les artisans se rendent à une réunion de leur guilde dans la cité la plus proche, les colporteurs vont de village en village afin de proposer aussi bien des colifichets que des nouvelles du monde extérieur, les wu xia cheminent, vendant leur art à qui peut les rémunérer, etc. De nombreux voyageurs se déplacent en groupe, autant pour décourager d’éventuels brigands que pour profiter de la conversation de leurs compagnons de route. Les artistes itinérants n’hésitent pas à se donner en spectacle afin de gagner quelques pièces, de nombreux pèlerins font route ensemble vers les lieux sacrés où vivent les immortels et les dieux et les fonctionnaires se font escorter par de nombreux serviteurs lors de leurs déplacements officiels. Les axes reliant d’importantes villes ou sites sont ainsi en permanence sillonnés d’innombrables voyageurs de toutes les couches sociales, assurant une activité bouillonnante et des opportunités de rencontres diverses et toujours intéressantes.
Les campagnes situées à l’écart des grands axes sont moins bien loties. De simples chemins de terre, souvent boueux et mal entretenus, relient les villages et hameaux perdus. Tracés au fil du temps par l’habitude, ils peuvent devenir impraticables à cause des intempéries, isolant encore plus la population de ces bourgades…
Les fleuves et rivières étaient jadis des obstacles naturels qui furent bien vite transformés en atouts, permettant de développer un formidable réseau de transport et de communication.
Le Fleuve jaune au nord, le Fleuve bleu au sud et les multiples autres cours d’eau moins importants comme les rivières Huai ou Wei permettent d’acheminer marchandises et voyageurs, plus vite et plus sûrement que par les routes.
Les nombreux canaux, construits à l’origine à des fins d’irrigation, ont considérablement étendu ce réseau, permettant de relier des régions normalement fort éloignées et difficilement joignables autrement.
Comme les routes, les voies d’eau sont très animées, parcourues par de nombreuses jonques transportant voyageurs et marchandises. Plus reposant que le transport terrestre, souvent moins dangereux, et permettant de profiter du paysage, le voyage fluvial est très prisé. Dans chaque bourg traversé par un cours d’eau, il est possible de louer une barque à un batelier pour un prix relativement modique. Pour les déplacements sur d’importantes distances, il existe quelques lignes régulières gérées par des négociants qui acceptent de prendre des voyageurs au beau milieu de leurs marchandises.
Les longs voyages alternent ainsi souvent entre cheminements par les routes et déplacements sur l’eau.

Le mode de déplacement le plus courant pour les habitants des Royaumes combattants est, tout simplement, la marche à pied. Même chargés, les voyageurs vont ainsi par monts et par vaux sur leurs deux jambes. Les objets ou marchandises sont alors transportés dans une palanche équilibrée, dans un harnachement fait de bois et de bambou porté dans le dos ou même dans une sorte de brouette à pousser devant soi. La charrette à bras est également fréquente car elle permet de transporter aisément de fortes charges sans avoir recours à un animal. Un marcheur modestement chargé peut ainsi parcourir de cinquante à soixante-dix li par jour.
Mais si les porteurs suffisent ainsi aux besoins locaux, les distances plus importantes imposent le recours aux animaux de bât. Les plus courants sont le bœuf, l’âne et le mulet. Les poids à transporter sont répartis également de chaque côté de la bête mais il est également possible de leur faire tirer charrettes et carrioles. Ces chariots peuvent aussi servir à transporter des personnes, dans un confort relatif permettant de parcourir des distances de cent li par jour sans se fatiguer.
Les chevaux ne sont que rarement utilisés en tant que moyens de transport. Seuls les messagers des différents Royaumes ou les coursiers militaires s’en servent, mettant à profit leur vitesse impressionnante pour délivrer leurs messages dans les plus brefs délais.
Sur les fleuves et les canaux, des jonques de toutes tailles servent à transporter voyageurs et marchandises. Voiles et rames permettent de les manœuvrer, et elles sont parfois tirées depuis la berge par des animaux de bât – des bœufs en général. Le transport par voie fluviale permet de parcourir plus de cent vingt li par jour selon les conditions de navigation.

Relais et auberges

Tout au long de ces routes, le voyageur peut trouver divers relais ou auberge afin de se restaurer et se reposer.
Le confort et la qualité de l’accueil sont très variables selon les régions traversées mais parfois le choix s’avère fort restreint.
Un relais type est constitué d’une salle commune dans laquelle les voyageurs peuvent prendre leur repas, et de nombreuses chambres collectives meublées de lits sommaires, pour y passer la nuit. Certaines chambres sont plus confortables et réservées à ceux qui peuvent se les offrir, riches marchands ou fonctionnaires influents.
Ces relais sont parfois entourés d’échoppes diverses, qui profitent du passage de nombreux voyageurs pour vendre spécialités locales ou objets d’artisanat. Ce sont ainsi parfois de véritables petits marchés qui éclosent autour des relais les plus fréquentés.

Frontières et postes de douane

Chaque Royaume possède sa propre norme en ce qui concerne la taille de l’essieu des chariots. Les routes, au sein d’un même Royaume, sont ainsi creusées de deux rainures écartées de cette taille et faites pour recevoir les roues des chariots. Lorsqu’une route traverse une frontière, l’écartement des rainures change pour s’adapter à la norme du Royaume voisin. Le propriétaire est ainsi obligé de changer de roues afin que son essieu lui permette de continuer sa route.
C’est pourquoi on trouve de nombreux postes de douanes le long des frontières des Royaume, spécialement le long des axes les plus fréquentés. Les propriétaires des chariots doivent s’adresser aux soldats en garnison pour obtenir un nouvel essieu à la bonne taille, en échange d’une taxe qui dépendra du nombre et de la nature des marchandises transportées. Ce système permet aux Royaumes d’engranger des sommes rondelettes en obligeant marchands et transporteurs à passer obligatoirement par un poste de douane pour continuer leur chemin.
Bien sûr, le rôle des garde-frontières est également de vérifier que la marchandise entrant dans leur Royaume n’est pas illégale, que les voyageurs ne sont pas recherchés et que tout se déroule bien afin d’éviter les incidents frontaliers si propices à enflammer les ardeurs guerrières des Royaumes combattants.

Les sociétés d’escorte

Dans certaines villes, il existe des sociétés spécialisées dans la protection des voyageurs ou des marchandises. Ces sociétés mettent à disposition de qui peut payer une escorte composée de guerriers compétents, dont la présence et la science du combat sont censées tenir les bandits à l’écart durant le voyage.
Les hommes employés par ces sociétés sont la plupart du temps des wu xia souhaitant gagner ainsi leur vie, ou mettre leur art à l’épreuve, au hasard des rencontres inopportunes qui pourraient survenir. Ce peut également être d’anciens soldats conscrits ne souhaitant pas reprendre leur vie de paysans. Quoi qu’il en soit, il s’agit d’un travail en général bien payé mais dangereux. Le recrutement ne se fait pas à la légère car la réputation de la société d’escorte dépend entièrement de la compétence et de l’honnêteté de ses employés.
La valeur des membres de l’escorte, et leur nombre, dépend de la somme que le client est prêt à verser et de la dangerosité du voyage entrepris. En cas d’attaque, les escorteurs prennent soin de garder les têtes des bandits abattus, au cas où celles-ci seraient mises à prix. Une partie de la récompense est versée à la société d’escorte, celle-ci fournissant et entretenant les armes et l’équipement de ses employés.

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